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         At the age of 7, Yves Ramette begins studying musical theory with his father (who directed an « École Professionnelle Supérieure »). At 14, while he is in High School, he continues his training in Harmony. Then, in Beauvais, he learns playing the violin with Robert Duforestel as well as the piano.


         In 1941 he enters the National Superior Conservatory of Music of Paris, where he studies Harmony with Jacques de la Presle, Counterpoint and Fugue with Simone Plé-Caussade, the piano with Lélia Gousseau and Lazare Lévy, the conducting with Eugène Bigot. Meanwhile, at the « École normale de musique de Paris », he got the First Prize of Composition in 1945 in the class of Arthur Honegger.

         About these years, Yves Ramette writes in his memories: « a huge amount of work, because I set myself to study the compositions of all the Great Masters from Bach to Stravinsky… and Honegger, whose I was the disciple ».
From 1945 onwards, Georges Jacob, chapel master at the Parisian church Saint-Ferdinand-des-Ternes, teaches him the organ. Yves Ramette writes: « At this time, I didn’t know that I would become the chapel master and organist of this church… and that it would last more than thirty years » (Yves Ramette becomes the chapel master of this church in 1952).


         He also teaches Counterpoint, Fugue and Composition at the Schola Cantorum (Paris) from 1947 to 1953. He has to convince the director of the Schola Cantorum to let him create a class of Harmony, because Yves Ramette states that « learning Counterpoint without a strong knowledge of Harmony is illusory ».


         In 1948, his Symphony No. 1 is premiered in Bruxelles by conductor Franz André. In 1950, both his Symphonies No. 2 and No. 3 are premiered by Daniel Sternefeld, in Bruxelles and in Luxembourg. In 1952, his Prelude, Fugue and Postlude wins a prize at the Composition Competition organized by Radio Luxembourg. With the composers Luc Ferrari (1929-2005), Bozidar Kantuser (1921-1999) and Pierre Migaux (1925-2006), Yves Ramette creates in 1953 the Groupe 84, which aims to make discover the great classical works of their time. The French premiere of Bela Bartok’s Sonata for Two Pianos and Percussion occured during one of the concerts organized by the Groupe 84.

         His fourth, fifth and sixth symphonies are all premiered abroad, just like his first three ones: the 4th in 1951 and the 5th in 1957, both in Bruxelles by Daniel Sternefeld; the 6th in 1964, in Netherlands, by André Rieu (father of the famous violinist).

         In spite of these successes, Yves Ramette never achieved to interest French musical associations. He states: « no French orchestra ever commissioned me a symphony or wished to perform one of my works… just as if I didn’t exist! ». Actually, since the 1950s, French cultural ministeries and official bodies support only serial, dodecaphonic, experimental music… but Yves Ramette keeps composing in his personal post-romantic style.


         In 1996, he writes to French minister of Culture, Philippe Douste-Blazy: « During my numerous travels abroad, in Belgium, Holland, Luxembourg, Italia and elsewhere, I have always encountered a warm welcome and a tasteful respect. That’s why I can’t stand the absolute silence of French musical official bodies. I consider this as a personal offense. There’s only one trendy word to describe this state of fact: exclusion. Concerning a French artist who works on his art in a selflessly way, who works hard knowing that once a work is finished, the target is still far, who seeks to keep a total independence from all schools, sects, clans, whose main purpose is to keep his liberty, I wonder if nowadays, all the "flaws" of this artist aren’t the exact cause of his exclusion ».


         From 1960 onwards, Yves Ramette must resolve to compose exclusively for his two favorite instruments: the organ and the piano. Among his major instrumental works: Concerto for organ solo (1964), Ermia, poem for organ (1971), Pour une nuit de Noël, triptych for organ (1983), Three Etudes for piano (1987), Piano Sonatas No. 1 & No. 2 (1991 and 2001), Pour un bal imaginaire, for piano (1999).


         He founded the mixed choir "Vox Ardens", promoting sacred and profane choral music of the great classical, romantic and modern masters. Between 1968 and 1987, Yves Ramette and his choir gave numerous concerts in Paris and elsewhere in France. Yves Ramette composed several works especially for this choir : Salve Regina for soprano solo, mixed choir and organ (1982), Psalm 116 for soprano solo, mixed choir and organ (1982), Christus, cantata for mixed choir and organ (1983)…


         In 1990, disagreeing with religious authorities on the suppression of great sacred music and the introduction of a vestigial liturgy, Yves Ramette resigns from his position as chapel master and organist of the church Saint-Ferdinand-des-Ternes. In 1997, he writes « Grandeur et Décadence d’une tribune », a book in which he evokes his carreer as a composer and organist. The last sentence is a quote of politician and writer Georges Clemenceau: « A people finds its joy and its serenity in music. The quality of its music proves its degree of civilization. »


         In 1997, during a concert, Yves Ramette meets American pianist Eric Himy, who will play and record many of his compositions on the labels MMC and Navona Records. Between 2013 and 2016, Navona Records released eight CDs of Yves Ramette’s piano, organ, chamber and orchestral works. Yves Ramette passed away on June 2, 2012, aged 91.

English and French texts by Corentin Boissier, for Wikipedia and this website.

All quotes of Yves Ramette come from his book « Grandeur et Décadence d’une tribune » (1997).

B i o g r a p h i e

 

        Yves Ramette commence à l’âge de 7 ans l'apprentissage du solfège avec son père, qui était directeur d'une École Professionnelle Supérieure, puis celui du violon et du piano. À 14 ans, de pair avec ses études secondaires au lycée de Beauvais, il approfondit ses connaissances en Harmonie. À Beauvais, il apprend le violon avec Robert Duforestel. En 1941 il entre au Conservatoire national de musique de Paris dans la classe de Jacques de la Presle pour l’harmonie, de Simone Plé-Caussade pour le contrepoint et la fugue, de Lélia Gousseau et de Lazare Lévy pour le piano, et d’Eugène Bigot pour la direction d’orchestre. Il s’inscrit aussi à l’École normale de musique de Paris dans la classe de composition d’Arthur Honegger où il obtient un premier prix en 1945.

        De ses années d’apprentissage, il écrira dans son livre de souvenirs : « travail considérable, d’autant plus considérable que j’entrepris alors l’étude systématique et approfondie des œuvres de tous les grands Maîtres, de Bach à Stravinsky… et Honegger, dont je devins le disciple jusqu’en 1947. »

        En 1945, il apprend l’orgue auprès de Georges Jacob, maître de chapelle à l’église Saint-Ferdinand-des-Ternes, à Paris. Il écrira dans son livre de souvenirs : « J’étais alors fort loin de me douter que pendant plus de trente ans j’assumerais dans cette paroisse les fonctions de "Maître de Chapelle et Organiste". »

        Parallèlement à son activité d’organiste, il assure de 1947 à 1953 les cours de contrepoint, de fugue et de composition à la Schola Cantorum de Paris. Il doit lutter contre les réticences du directeur pour créer le cours d’harmonie – qu’il dirigera – car pour le jeune professeur « apprendre le contrepoint sans de solides notions de base est illusoire ».

        En 1948 sa Symphonie n°1 est créée à Bruxelles par le chef d’orchestre Franz André. En 1950, toujours à Bruxelles, sa Symphonie n°2 est créée par Daniel Sternefeld, qui créera, la même année, à Luxembourg, sa Symphonie n°3. Ramette est nommé Maître de chapelle en 1952, année où son Prélude, Fugue et Postlude est primé au Concours de composition organisé par Radio Luxembourg.

        Avec les compositeurs Luc Ferrari (1929-2005), Bozidar Kantuser (1921-1999) et Pierre Migaux (1925-2006), Yves Ramette fonde en 1953 le Groupe 84, qui a pour ambition de faire découvrir les grandes œuvres de la musique de leur temps. À l'occasion d'un des concerts organisés par le Groupe 84 sera donnée la création française de la Sonate pour deux pianos et percussion de Bela Bartok.

        Malgré des démarches réitérées, Yves Ramette ne parvient pas à intéresser les associations musicales françaises. Ses quatrième, cinquième et sixième symphonies sont, comme les précédentes, créées à l’étranger : La 4e en 1951 et la 5e en 1957, toutes deux à Bruxelles, par Daniel Sternefeld ; la 6e en 1964, aux Pays-Bas, par André Rieu (père du violoniste soliste du même nom). Ramette regrettera « aucun orchestre français ne m’a jamais sollicité pour la création d’une de mes symphonies… à croire que je n’existe pas ! ».

 

        Malgré les Instances politiques françaises qui, depuis les années Cinquante, ne promeuvent que les musiques sérielles, dodécaphoniques ou expérimentales, Ramette continue à composer dans le style post-romantique qui a toujours été le sien. En 1996, découragé par ce qu’il ressent comme une permanente injustice de la France envers les compositeurs tonaux, il écrit au ministre de la Culture de l’époque, Philippe Douste-Blazy : « Au cours de mes nombreux déplacements à l’étranger, j’ai toujours été reçu, en Belgique, Hollande, Luxembourg, Italie et ailleurs, avec une cordiale sympathie et une élégante déférence. C’est pourquoi je ressens le silence méprisant des responsables musicaux de mon pays qui se prétendent défenseurs de l’Art Musical comme un camouflet difficile à supporter. Au reste, il est un mot fort à la mode, très utilisé de nos jours, mot dont on ne sait d’ailleurs plus très bien à qui il doit réellement être appliqué. Ce mot, c’est exclusion. Et je me pose la question de savoir si, pour un artiste français pratiquant son art avec le plus parfait désintéressement, travaillant sans relâche, conscient qu’une œuvre terminée, le but poursuivi semble toujours reculer, qui désire garder son indépendance à l’égard des écoles, chapelles, clans, qui veut avant tout préserver sa liberté d’esprit et de jugement, je me pose la question de savoir si, en France, à notre époque, pour un tel artiste, ces défauts accumulés ne sont pas un motif suffisant d’exclusion. »

 

        À partir de 1960 Ramette doit se résoudre à ne composer que pour ses deux instruments favoris : l’orgue, avec notamment le Concerto pour orgue solo (1964), le poème Ermia (1971), le triptyque Pour une nuit de Noël (1983) – et le piano, avec notamment les Trois Études (1987), les deux Sonates (1991 et 2001), Pour un bal imaginaire (1999).
 

        Fondateur du chœur mixte "Vox Ardens", destiné à promouvoir la musique chorale sacrée et profane des grands maîtres classiques, romantiques et modernes, Ramette donne à la tête de cet ensemble, entre 1968 et 1987, de nombreux concerts à Paris et en province, faisant aussi entendre sa propre musique chorale : Salve Regina pour soprano solo, chœur mixte et orgue (1982), Psaume 116 pour soprano solo, chœur mixte et orgue (1982), Christus, cantate pour chœur mixte et orgue (1983).

        En désaccord avec les autorités religieuses sur la suppression de la grande musique sacrée et l’introduction d’une liturgie appauvrie, il démissionne en 1990 de son poste de maître de chapelle et organiste de l’église Saint-Ferdinand-des-Ternes. Il publie en 1997 « Grandeur et Décadence d’une tribune », ouvrage de souvenirs sur sa vie de compositeur et d’organiste dans une paroisse, qu’il conclut par une citation de l’homme politique et écrivain Georges Clemenceau : « Un peuple trouve sa joie, sa sérénité dans la musique, et c’est par la qualité de sa musique qu’il prouve son degré de civilisation. »

        En 1997, à l’occasion d’un concert, Ramette fait la connaissance du pianiste américain Eric Himy. Celui-ci jouera et enregistrera nombre de ses œuvres pour les Éditions MMC puis pour Navona Records. Entre 2013 et 2016, Navona Records ont publié la musique d’Yves Ramette en huit CD. Yves Ramette est décédé le 2 juin 2012, à l'âge de 91 ans.

Textes anglais et français de Corentin Boissier, pour Wikipedia et ce site.

Toutes les citations d’Yves Ramette sont tirées de son ouvrage « Grandeur et Décadence d’une tribune » (1997).

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